Les faits au sujet de la reconnaissance faciale

Qu’est-ce que la reconnaissance faciale?
La reconnaissance faciale, c’est le processus par lequel il est possible d’identifier une personne ou de la reconnaître à partir d’une image numérique. Il s’agit d’une forme d’identification biométrique, comme les empreintes digitales, la reconnaissance vocale et la lecture d’empreintes rétiniennes.

La reconnaissance faciale est axée sur des traits mesurables uniques qui peuvent servir à vérifier ou à reconnaître l’identité d’une personne. Dans ce processus, le logiciel de reconnaissance faciale prend une image d’une personne physique et crée une représentation numérique unique du visage. Il compare ensuite cette représentation à celles emmagasinées dans une base de données d’images faciales, comme une base de données des permis de conduire, pour tenter d’identifier la personne.

Pour en savoir davantage sur le processus, consultez l’enquête PC-010005-1 [en anglais seulement] de la Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario et le document Reconnaissance faciale automatisée dans les secteurs public et privé, publié par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada.
Comment fonctionne la reconnaissance faciale?
La reconnaissance faciale peut servir à confirmer (authentifier) l’identité d’une personne physique ou à la déterminer (identification). L’authentification est généralement utilisée pour autoriser l’accès à des installations ou à du matériel. Pour ce qui est de l’identification, on fait souvent appel au processus lorsqu’il s’agit d’une question d’assurer la sécurité publique, comme la sécurité dans les lieux publics à forte circulation, dont les aéroports et les installations sportives.

La Commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario a abordé la question en profondeur dans Privacy and Biometrics [en anglais seulement], un rapport publié en 1999. On explique dans ce rapport qu’une correspondance « un à un » permet d’identifier une personne moyennant la comparaison d’une image à toutes les autres images emmagasinées dans une base de données. Les autorités policières peuvent se servir de l’identification pour identifier des criminels. Quant à l’authentification, il s’agit d’une recherche « un à un » dans le cadre de laquelle le système compare une personne physique à image au dossier; il n’y a ainsi aucune recherche dans une base de données centrale ni association connexe.

Exactitude des logiciels de reconnaissance faciale
S’il est vrai que le recours aux images en trois dimensions a permis d’améliorer l’exactitude des systèmes de reconnaissance faciale, il reste qu’il y a risque de « faux positifs » (identification de la mauvaise personne) ou de « faux négatifs » (non-identification d’une personne qui aurait dû être identifiée). La justesse de la correspondance peut être perturbée par des éléments tels que la qualité de l’image, les changements faciaux qui surviennent au fil du temps et la qualité de l’algorithme utilisé.

Lorsque la reconnaissance faciale sert à l’identification, le système cherche des images semblables. Il effectue essentiellement une séance d’identification numérique. Il y aura des faux positifs; à titre d’exemple, les jumeaux identiques feront sans doute l’objet d’une mise en garde chaque fois que le processus d’identification a lieu, car le système compte une deuxième personne aux traits faciaux très semblables qui porte un nom différent. En règle général, on ajoute aux résultats d’un logiciel de reconnaissance faciale un examen manuel des correspondances lorsqu’une situation de ce genre survient.

Emploi cohérent/glissement de portée
De par sa nature, la reconnaissance faciale constitue une ingérence dans la vie privée, du fait qu’elle permet d’identifier des personnes physiques et de les associer à d’autres fonds de renseignements. De plus, une image recueillie à une fin particulière pourrait être utilisée à d’autres fins sans le consentement de la personne ou à son insu. En 2011, de violentes manifestations ont eu lieu à Vancouver après la perte d’un match des séries éliminatoires de la Coupe Stanley. La Insurance Corporation of British Columbia (ICBC) a proposé que les autorités policières se servent de son logiciel de reconnaissance faciale pour les aider à identifier les présumés vandales et émeutiers.

Le Commissariat à l’information et à la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique a fait enquête sur cet emploi dans son rapport d’enquête F-12-01 [en anglais seulement] et a notamment conclu :

Je conclus que l’ICBC doit cesser sur-le-champ de répondre aux demandes des autorités policières visant l’emploi de la base de données de reconnaissance faciale dans le but d’identifier des individus pour les services policiers en l’absence d’une assignation, d’un mandat ou d’une ordonnance d’un tribunal. [traduction]

Emploi de la reconnaissance faciale au Canada atlantique pour les permis de conduire et les cartes d’identité
Au Canada atlantique, les gouvernements provinciaux ont recours à la reconnaissance faciale pour confirmer l’identité des personnes qui demandent un permis de conduire ou une carte d’identité avec photo délivrée par le gouvernement. Une fois que la photo a été prise, le logiciel de reconnaissance faciale compare la photo de la personne à celle figurant au dossier et cherche d’autres correspondances pour vérifier l’identité du demandeur. Ces mesures doivent permettre de réduire le risque de vol d’identité et de fraude et contribuer à prévenir que les fraudeurs ou les conducteurs dont le permis a été suspendu obtiennent un permis de conduire ou une carte d’identité avec photo.

Les commissaires à l’information et à la protection de la vie privée de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador ont tous interrogé leur gouvernement respectif quant à la nécessité de cette technologie ainsi que sur les mesures de contrôle requises pour éviter l’emploi à mauvais escient de cette information. Ils ont tous résolu de surveiller tout élargissement supplémentaire de la portée de ces programmes et de régler tout problème qui en découlerait.